
Nul doute que les images vont fleurir dans les médias ! Du style : le conseil général du Pas-de-Calais est une véritable ruche. Ou encore, les conseillers généraux butinent de précieux renseignements sur l’avenir du département… Métaphores faciles pour aborder une manifestation ni anecdotique, ni folklorique : l’implantation ce vendredi 5 juin 2009 de cinq ruches sur le toit de l’hôtel du Département à Arras, et d’une ruche pédagogique à l’intérieur du bâtiment, à proximité des salles des commissions.
« Ce n’est pas un caprice mais un vrai engagement » a souligné le président Dominique Dupilet avant de lâcher les abeilles - 30 000 dans chaque ruche et ça peut monter jusqu’à 70 000 ! – en compagnie notamment du président de l’Union nationale de l’apiculture française, Henri Clément, et de Robert Therry conseiller général (canton d’Hesdin) et apiculteur (gérant du musée de l’Abeille à Bouin-Plumoison). Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de sensibilisation « L’abeille sentinelle de l’environnement » : une charte nationale pour la survie des abeilles et la sauvegarde de la biodiversité, soutenue par des entreprises, des collectivités… comme le conseil général du Pas-de-Calais.
Les ruches sur le toit du conseil général sont aussi une application très concrète d’une des 62 actions du programme de l’Agenda 21 « pour mettre en pratique un développement durable, synonyme de solidarité ». L’abeille est un symbole fort. Le président Dupilet n’a pas manqué de rappeler les propos d’Einstein : « Si les abeilles venaient à disparaître, les hommes disparaîtraient quatre ans plus tard ! » Menacées dans le monde entier, par les pesticides, l’évolution de l’agriculture, entre autres, les abeilles suscitent enfin une prise de conscience. « Nous sommes passés en France de 85 000 apiculteurs en 1995 à 70 000 aujourd’hui pour 1 200 000 ruches », a précisé Henri Clément. Plus de 14 milliards d’abeilles ont péri en France depuis 1997. Le projet « L’abeille sentinelle de l’environnement » souhaite placer l’insecte « au cœur des villes, pour sauver l’apiculture des campagnes ». À Arras, les abeilles « visiteront trois, quatre kilomètres aux alentours ». Elles seront « choyées » par Robert Therry – que le président pourra aider puisqu’il a désormais sa vareuse – et si l’été est clément, une première récolte est envisageable cet automne. « Et veillons à planter des fleurs utiles pour nos abeilles » a conseillé Robert Therry, dont la fougue apicole pourrait gagner ses 76 collègues !
Culte du miel
Les abeilles sont âgées de plus de 60 millions d’années, elles étaient là avant les dinosaures ! Elles sont indispensables à la pollinisation (elles butinent 700 fleurs en moyenne chaque jour), donc à la reproduction de 80 % des végétaux. « 35 % de notre masse alimentaire, 65 % de notre diversité alimentaire proviennent des abeilles. Sans elles, pas de radis, pas de carottes, etc. » a expliqué le président de l’Unaf.
Sauver les abeilles et intéresser les jeunes… La ruche transparente placée dans l’enceinte du conseil général sera un outil pédagogique : naissance d’une reine, travail des butineuses, fabrication du miel, complexité d’une ruche à découvrir en toute sécurité car les abeilles sortent directement du bâtiment par un système de tunnel.
Les médias feront leur miel de cette opération, convaincus par Dominique Dupilet « élevé dans le culte du miel » et qui a répété à l’envi : « Le miel est facteur d’équilibre alimentaire et intellectuel ». Et le Pas-de-Calais a besoin d’équilibre pour son développement durable.
Chr. Defrance / Photos : J. Pouille
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