
La question du foncier agricole s’est posée dans le cadre d’une journée de réflexion sur les enjeux de notre ruralité, celle du Pas-de-Calais et au-delà.
Pour Jean-Claude Leroy, vice-président du conseil général, « la terre est un bien aussi précieux que l’eau »… Et aujourd’hui, il faut constater que la surface des terres réservées à l’agriculture va en diminuant. Au rythme actuel, dans notre région, il n’y aura plus rien dans 300 ans. D’où l’inquiétude des agriculteurs, les jeunes notamment, qui ne voient pas comment ils vont pouvoir continuer à s’installer.
La multiplication des zones artisanales et d’activités, les axes de circulation toujours plus nombreux et plus gourmands en espaces, et l’urbanisation des campagnes, concourent à cela. Ils contribuent au mitage de l’espace agricole. La solution, est dans la concertation et la consultation des partenaires concernés. Les Plu (Plan local d’urbanismes) et les Scot (schémas de cohérence territoriale) sont certainement de bons outils mais à quelle échelle ? Les niveaux de réflexion doivent dépasser les frontières communales et intercommunales, concerner l’ensemble du bassin de vie et être mis en cohérence au niveau départemental. Il faut arrêter d’installer des zones d’activités un peu partout et essayer de reconquérir les friches. L’installation des artisans dans les fermes anciennes est parmi les réponses à apporter à la recherche de locaux professionnels. En sachant que se pose la question des accès et de la mise hors gel des routes.
La politique de boisement est aussi à revoir. « Avons-nous encore le droit de boiser alors qu’il va falloir nourrir ? », interroge Jean Wallon. Le conseil général a déjà en partie répondu puisqu’il va mettre en place une réglementation boisement : « on ne plantera plus n’importe où, n’importe quoi ».
De même, peut-on encore construire à la campagne autant de maisons d’habitation sur d’aussi grands terrains ? « Le législateur aura à faire face au problème posé par les superficies des terrains constructibles ».
Les agriculteurs ont besoin de terres, et de dispositifs pour les aider à s’installer, surtout lorsqu’il s’agit de petites exploitations. L’aide à l’installation des jeunes ruraux mise en place par le conseil général a bien fonctionné… Elle a permis de créer quatre cents emplois… encore en activité. « Un outil à conforter» dit Jean-Claude Leroy. Même principe pour les artisans qui peuvent bénéficier de prêts d’honneur.
L’agriculture c’est d’abord les besoins alimentaires et il convient de savoir quelle agriculture nous voulons. Le bio doit être une filière à part entière. La question de l’agriculture de proximité, valorisée sur place, consommée sur place, doit être travaillée. Mais l’agriculture c’est aussi des besoins en technologie: l’adsl (haut débit internet) doit être accessible partout. Enfin les agriculteurs ne peuvent négliger les compléments de revenus : et d’évoquer les aides apportées à la création d’hébergements touristiques en milieu rural, en sachant que les taux de remplissage sont en baisse. Ne faudra-t-il pas moduler les aides, en fonction des projets et des zones géographiques ?
Parmi les autres points abordés par les groupes de travail soulignons la nécessaire réflexion sur les nouveaux métiers (maintien à domicile des personnes âgées par exemple) à partir des pôles d’excellence rurale… Et la désertification médicale : « il y a assez de médecins en France, mais ils sont au sud alors que les problèmes sont au nord. En la matière, la côte d’alerte est atteinte.
Notre photo : L'agriculture a besoin de terres! Une évidence mais...
Texte et photo : Philippe Vincent-Chaissac
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