
La salle des fêtes de Saint-Martin-au-Laërt accueillait samedi matin l’assemblée générale de l’association des maires du Pas-de-Calais. Et c’est sans doute parce que Saint-Martin-au-Laërt est « nichée » au cœur du marais audomarois que les élus ont voulu dire haut et fort qu’ils pataugeaient actuellement dans un mauvais climat ! Joël Duquénoy, le président de l’association, avait donné le ton : « 2008 est à l’évidence une année particulière, parce qu’il se passe peu de semaines sans réformes, en général en l’absence de concertation ; peu de semaines sans mauvaises nouvelles pour nos collectivités ». Réformes et mauvaises nouvelles qui, pour les maires, ressemblent à une « casse » des services publics… Poste, Trésor public, DDE, EDF, Police, Gendarmerie… « Sortez vos tracteurs, l’État casse tout dans nos communes, lança Daniel Dewalle, maire d’Houdain. On n’améliore pas, on recule ». La traditionnelle séance des questions de l’assemblée a carrément transformé le préfet du Pas-de-Calais en… Marie Groette. Représentant de l’État, Rémi Caron a répondu que « le service public – au sens très large du terme : de l’aide à domicile à l’ADSL – est en général correctement assuré dans le Pas-de-Calais ». Mais ce « en général » n’est pas du goût des maires qu’ils soient rompus à l’exercice de la gestion communale, ou complètement néophytes (305 nouveaux maires dans le département après les élections de mars dernier). Le maire de Roquetoire a carrément réclamé la création au sein de l’association « d’un comité de défense du service public en milieu rural ». Autre volée de bois vert, autour de l’accueil des élèves lors des journées de grève (et s’il y a au moins 25 % de grévistes). « Vous nous demandez l’impossible, moi je fais de la résistance », assura le maire de Rouvroy, rejoint par Joël Duquénoy. Le préfet a simplement répondu : « la seule question qui vaille, c’est l’application de la loi ! »
Samedi matin, on a encore parlé des contrats aidés et des contrats d’avenir, de l’accueil des gens du voyage (comme d’habitude), de l’avenir des missions locales (le préfet avouant que « le chômage des jeunes est le gros problème du département »), des plans d’urbanisme, des routes : les élus apprenant que le conseil général veut transférer aux communes et intercommunalités 1 000 kilomètres de routes départementales tout en intégrant 1 200 kilomètres de routes communales. N’oublions pas l’éolien dans un Pas-de-Calais très attractif à ce sujet. Le préfet a fait le point : 241 éoliennes implantées (soit 443 mégawatts) ; 218 projets refusés et 183 en cours d’instruction ; 20 zones de développement créées, 4 demandes refusées. « Essor oui mais essor maîtrisé, dit Rémi Caron, avec le souci constant de l’équilibre entre le développement souhaitable de l’énergie éolienne et la protection nécessaire des sites et des paysages ». Il y a des refus qui passent mal… La communauté de communes de la région de Frévent, « sinistrée » selon son président, misait beaucoup sur l’apport financier des éoliennes or le préfet a refusé un permis de construire alors qu’il avait entériné un schéma territorial. « À part de l’herbe pour les vaches que restera-t-il chez nous ? », tonna le maire de Boubers-sur-Canche, vivement applaudi.
Défi financier et fiscal, défi de l’environnement, révision des politiques publiques, relations entre commune et intercommunalité : l’association des maires du Pas-de-Calais est en première ligne et veillera à ce que la vie quotidienne des citoyens ne se transforme pas en bourbier.
Légende : La mairie de Caffiers.
Christian Defrance / Photo : Philippe Vincent-Chaissac
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