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| Le TGV est aujourd'hui un lien indispensable entre Paris et le Pas-de-Calais. |
Y a-t-il encore dans ce pays, un soupçon de cohérence, de bon sens, d’intelligence et d’honnêteté intellectuelle. On peut en douter. Du moins si l’annonce faite ce lundi 18 janvier, concernant une éventuelle réduction de liaisons TGV entre Arras et Paris, s’avérait exacte.
La lutte contre les gaz à effet de serre est devenue un sujet récurrent. La pression de tous les instants, culpabilise les consommateurs que nous sommes chaque fois que nous mettons le pied dans notre voiture automobile. Et les embouteillages sur les routes, les autoroutes, aux entrées des grandes villes s’ajoutent à cela pour nous inciter à nous tourner vers les transports en commun dont l'offre n'est globalement pas suffisante. Que ce soit en direction de Paris, de Lille, et d’ailleurs, il faudrait encore et toujours plus de transport en commun, de rail (métros, tramways, trains). Et voilà la SNCF qui nous annonce qu’elle est susceptible de supprimer des liaisons qu’elle juge non rentables. Cela relève de l’ineptie. Tête à claques !
TGV sacrifiés au profit de Thalys et d'Eurostar
Depuis hier, un certain nombre de personnalités ont déjà réagi. Dominique Dupilet, exprimait sa stupeur… « Cette ligne TGV, ainsi que ses prolongements vers Dunkerque, Saint-Omer et Valenciennes dessert un bassin de population d’au moins 2,5 millions d’habitants dont l’interconnexion avec l’Ile-de-France est aujourd’hui remise en cause ». Pour le président du conseil général, la SNCF est en fait tout prêt de sacrifier des liaisons TGV entre Arras et Paris, parce que la ligne qui est aussi utilisée par les Thalys et les Eurostar, trains à haute rentabilité, est au bord de la saturation, faute d’investissements de l’Etat dans les infrastructures ferroviaires. Alors qu’elle court, à travers l’Europe, l’Algérie et même l'Australie, pour bénéficier de délégations de service public, en France, la SNCF n’a de cesse de « faire appel aux collectivités territoriales pour financer ses missions de service public en matière de transport interrégional. Est-ce bien le rôle de la société nationale de transport ferroviaire que de faire financer indirectement son développement international sur le dos des régions et départements?». En tout cas, la contradiction est flagrante.
Annonce inacceptable
Aujourd’hui, c’est Jean-Marie Prestaux, le président d’Arras Développement qui s’insurge. « Rien dans cette annonce n’est acceptable » écrit-il. Rappelant entre autres, que la Communauté urbaine d’Arras a construit une gare de bus intermodale à côté de la gare SNCF, que des entreprises investissent sur le long terme en fonction des TGV dont la présence est vitale; que la présence des TGV a également entraîné un choix de vie pour de nombreux habitants de notre région, qui seraient à nouveau déversés dans les bouchons de l’A1 ; que des stratégies de développement économique, dans l’industrie, dans le tourisme, ont été mises en place en tenant compte du TGV. Pour lui, « alors que l’A1 est saturée chaque jour, que l’accès rail dans Lille semble l’être également, l’urgence est dans la création d’un hub ferroviaire au nord d’Arras qui aura un rôle majeur pour l’irrigation régionale du transport par rail ».
Au-delà de ces deux réactions, très officielles, il appartient maintenant aux usagers à s’exprimer aussi et à dire très clairement qu’ils ne sont pas d’accord…
Philippe Vincent-Chaissac
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