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| Liz et Alexis : « Aimer à perdre la raison ». |
Deux univers complètement différents hier soir au Casino d’Arras – samedi 26 juin 2010 – pour l’avant-dernier rendez-vous du festival « Faites de la Chanson ». Mais il est bien connu que les contraires s’attirent et visiblement il se passe quelque chose entre Liz et Alexis ! Un quelque chose convenant à merveille au public, qui s’y est retrouvé, entre chanson et folk-pop.
« Femme à bretelles » (portant le piano à bretelles évidemment), sœur de Jeanne, Liz Cherhal avait déjà conquis Di Dou Da l’an dernier. Qu’elle soit dans le registre de l’humour décalé, ou dans celui de l’humour recalé, sa voix et son énergie ouvrent de larges brèches dans lesquelles on s’insinue volontiers. Flirtant avec le cabaret, parfaitement entourée : Cédric Cartier à la guitare, Nicolas Bonnet à la contrebasse, assumant l’héritage des grandes « dames » de la chanson française, Liz Cherhal a donné du piment au festival… Rouge comme ses talons, vert comme la rage qu’elle met dans certains de ses titres : « Je t’aime à la folie furieuse ». Ce goût de piment qui reste longtemps en bouche… et dans les oreilles : « Quand je te regarde à l’extérieur, je vois des fleurs. Quand je te regarde à l’intérieur, je vois des pleurs … » Magnifique Liz. Jamais énervée, jamais « ronchonchon ».
Voyage voyage
Eh oui, elle a coécrit « La Maison Ronchonchon » avec Alexis HK. Marquant la volonté d’ouverture de « Faites de la Chanson », Alexis HK a rempli son contrat au-delà des espérances. Des chansons comme des fables, avec la mafia, le catch ! Souvent farfelues, remplies de tiroirs ! Des histoires de gangsters (« Les affranchis », « Chicken Manager »), des histoires d’amour (« C’est le Printemps »), d’amitié (« Thanks for the Add »), des sagas épiques (« Maudits Anglois », « Là c’est moi »), des comptines noirâtres (« La fille du Fossoyeur »), des souvenirs d’enfance (« La Paix des Étoiles »), d’enfants (« Zouzou »), et de jeunesse finissante (« Pardon, Vieux camarade »). Sa voix nous rappelle le Joe Dassin de sa belle période folk (ne riez pas ! Joe Dassin est respecté par une belle équipe de jeunes chanteurs). Excellent guitariste, Alexis s’appuie sur un brillant trio de musiciens emmené par Matthieu Ballet (une pointure celui-là, ancien du groupe Oui-Oui, il a travaillé avec Miossec, Bashung, Fersen…). Ambiance lunettes noires et costumes siciliens. Alexis HK transforme son tour de chant en exercices de gymnastique cinématographique. Réjouissant. Émouvant quand il reprend Bashung (« J’passe pour une caravane ») et Jean Ferrat, avec sa chère Liz (« Aimer à perdre la raison »). Avant de quitter le Casino d’Arras, Alexis HK a livré deux choses essentielles à retenir : « voyage voyage » ! Il a raison le bougre, il faut voyager dans la chanson, aller sur tous ses continents. Romain Didier au nord, Akrich à l’est, Chanson Plus Bifluorée au sud, Alexis HK à l’ouest ! Voyager sur tous les continents de la chanson, c’est bel et bien l’objectif de l’association Di Dou Da… On est déjà impatient de connaître les destinations de « Faites de la Chanson 2011 ». Et n’oublions pas ce dimanche après-midi – dimanche 27 juin 2010 - l’hommage à Jean Ferrat au théâtre d’Arras avec Jofroi, Jef Kino et Franck Vandecasteele. Ferrat était lui aussi un grand voyageur.
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Texte : Christian Defrance / Photos : Chr. D. et Murielle Fossier
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