Le 15 juillet 1939 reste une grande date de l’histoire aéronautique française. Le « Ruban bleu de l’Atlantique Nord ». Pour la première fois, un hydravion commercial – un Latécoère 521 baptisé Lieutenant-de-vaisseau-Paris – traversait l’Atlantique en réalisant la liaison directe New-York – Biscarrosse sans escale avec passagers en passant par Terre-Neuve, soit 5 875 kilomètres à une vitesse moyenne de 206 km/h, un vol de 28 heures et 27 minutes… Moteur coupé sur la moitié du parcours après un accident de vol ! Un magnifique exploit auquel participèrent deux passagers : Antoine de Saint-Exupéry, fidèle compagnon d’Henri Guillaumet le pilote du Laté 521, et Louis Couhé, directeur général d’Air France Transatlantique (filiale d’Air France créée en 1937) et président… du conseil général du Pas-de-Calais.
Une figure méconnue dont la carrière professionnelle n’a jamais manqué d’air, alors que son « plan de vol » politique décolla du canton de Laventie. Louis Marie Adrien Philippe Couhé a vu le jour le 24 juin 1889 à Sailly-sur-la-Lys ; son père M. Couhé-Lebleu était le président du tribunal civil de Lille. Le jeune Louis effectua ses études au collège Jean-Bart à Dunkerque, à l’école Bossuet et au collège Louis-le-Grand à Paris. Il devint docteur en droit.
En 1914, à 25 ans, Louis Couhé fut mobilisé et grièvement blessé le 25 août lors de la bataille de Guise. Après une longue hospitalisation et une convalescence, il fut affecté dans l’aviation passant son brevet de pilote militaire le 18 mars 1917. Louis Couhé entra en politique en 1919, à 30 ans, élu le 14 décembre conseiller général du canton de Laventie. Un siège qu’il conservera jusqu’au 12 octobre 1940, date de la suspension des conseils généraux par le gouvernement de Vichy.
Lors de la séance du conseil général du 20 octobre 1937, Louis Couhé était élu président au second tour de scrutin avec 24 voix contre 22 à Roger Farjon. Dans son allocution, il rappela « qu’il fut naguère secrétaire d’âge de l’assemblée départementale » et souligna « que la tâche du conseil était d’une complexité croissante ».
Au chapitre « professionnel », Louis Couhé qui avait séjourné en Allemagne et en Angleterre pour se familiariser avec le monde des affaires et de l’industrie, fut successivement secrétaire de la direction générale des Mines de Lens, directeur du cabinet du ministre de l’Air (1928), secrétaire général du ministère de l’Air, directeur général de l’aviation civile, conseiller d’État. Il participa à la création de la compagnie Air France en 1933.
En 1924, Louis Couhé, domicilié à Pont-à-Vendin puis à Lens, entra à la Chambre des Députés après les élections générales du 11 mai qui se déroulaient au scrutin de liste ; il avait pris la tête de la liste de concentration républicaine et sociale qui eut deux élus. Inscrit au sein du groupe de la gauche républicaine et démocratique, L. Couhé intervint surtout dans les discussions relatives aux questions aéronautiques. Lors des élections générales d’avril 1928, avec retour au scrutin majoritaire, il se présenta dans la 1ère circonscription de Béthune mais fut battu de 810 voix par Alphonse Tellier.
En 1941, Vichy le révoqua de ses fonctions à la tête d’Air France Transatlantique. Louis Couhé entra alors dans la Résistance et revint aux affaires en 1944, participant à la création de compagnies aériennes privées, devenant le 19 octobre 1948 président du conseil d’administration de l’aéroport de Paris, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1960. Lieutenant-colonel de réserve, il fut le président fondateur de l’association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air. Louis Couhé comptait 2 000 heures de vol comme commandant de bord. Il mourut le 3 septembre 1979 à Paris et fut inhumé au cimetière de Pont-à-Vendin.
SR : Chr. D.
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