
« Oh mais oui, mon père a passé son enfance à Quiestède, et j'y ai passé mes premières vacances chez mes grand parents », répond Louis-Do de Lencquesaing quand on lui demande s’il y a bien un lien entre lui et la famille de Lencquesaing établie depuis des lustres dans le Pas-de-Calais ! Gilles de Lencquesaing est le maire de Verchin, Édouard est le propriétaire du château de Laprée à Quiestède justement… Un village de l’Audomarois où la salle de sport porte le nom d’Hervé de Lencquesaing. Des attaches solides. Louis-Do connaît donc bien le 62 où il revient ce mardi 10 novembre 2009.
« Je serai à Arras à partir de 18 h pour présenter le film, accompagné de ma fille Alice qui joue aussi. » Louis-Do est acteur, héros du deuxième long métrage de Mia Hansen-Løve, « Le Père de mes enfants ». Un film sur le cinéma, sur le milieu du cinéma. Le synopsis : « Grégoire Canvel a tout pour lui. Une femme qu’il aime, trois filles délicieuses, un métier qui le passionne. Il est producteur de films. Révéler les cinéastes, accompagner les films qui correspondent à son idée du cinéma, libre et proche de la vie, voilà justement sa raison de vivre, sa vocation. Grégoire y trouve sa plénitude, il y consacre presque tout son temps et toute son énergie. Hyperactif, il ne s’arrête jamais, sauf les week-ends qu’il passe à la campagne en famille : douces parenthèses, aussi précieuses que fragiles. Avec sa prestance et son charisme exceptionnel, Grégoire force l’admiration. Il semble invincible. Pourtant sa prestigieuse société de production, Moon Films, est chancelante. Trop de films produits, trop de risques pris, trop de passifs; les menaces se précisent. Mais Grégoire veut continuer d'avancer, coûte que coûte. Jusqu'où cette fuite en avant le conduira-t-il ? Un jour, il est obligé de voir la réalité en face. Alors surgit un mot : l'échec. Et une grande lassitude, qui va bientôt, secrètement, prendre la forme du désespoir. » Présenté en avant-première au Cinémovida dans le cadre du Festival international du film d’Arras, « Le Père de mes enfants » a remporté le prix spécial du jury de la catégorie Un certain regard au récent festival de Cannes. Une œuvre émouvante inspirée de la vie – et du suicide en 2005 – du producteur Humbert Balsan (il a produit « Quand la mer monte » de Yolande Moreau). Comédienne, collaboratrice des Cahiers du cinéma, Mia Hansen-Løve a réalisé son premier film (« Tout est pardonné ») en 2006 et c’est durant sa préparation qu’elle avait rencontré Humbert Balsan.
Grand et petit écrans, planches...
Louis-Do de Lencquesaing est donc le personnage principal du film : « Assez vite, Louis-Do que j’avais aperçu plusieurs fois au cinéma et au théâtre, m’a semblé évident, raconte Mia. C’est un excellent comédien, mais surtout, nul autre à mon sens ne possède sa prestance aristocratique, qui était essentielle pour le rôle. » Depuis 1991, Louis-Do a étoffé de belle manière sa carte de visite cinématographique : « Madame Bovary » de Chabrol, « À vendre » de Laetitia Masson, « Caché » de Michael Haneke, entre autres… On l’a vu à la télé dans « Gaspard le Bandit » de Benoît Jacquot, « Le sang noir » de Peter Kassovitz, « dans l’ombre du maître » ou encore « L’école du pouvoir ». Au théâtre aussi : Woyzeck, La Campagne, Les névroses sexuelles, Du malheur d’avoir de l’esprit. Louis-Do a mis en scène « Probablement les Bahamas », « La Campagne »... Complet, polyvalent et talentueux. Comédien, acteur, réalisateur, metteur en scène, Louis-Do de Lencquesaing a été formé au cours Périmony. Il aura 46 ans le 25 décembre prochain.
« Le Père de mes enfants » sortira dans toutes les salles le 16 décembre 2009. Gageons que de nombreux Quiestédois iront faire un tour au cinéma, ne serait-ce que pour trouver une petite ressemblance entre Louis-Do et Hervé ou Édouard ?
Chr. Defrance / Photos : Les Films du Losange
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