Nada Surf est toujours aussi… Popular ! Lancé par ce tube planétaire en 1996, le groupe a résisté à toutes les vagues, bien vissé à sa planche « indie-rock ». Au cours des deux dernières décennies, le trio new yorkais a enchaîné avec régularité albums et tournées, rencontrant toujours le même en Europe, connaissant quelques galères en Amérique. Les vents et marées du showbiz.
Histoire de fêter la sortie de leur 8e opus – The stars are indiferrent to astronomy -, Matthew Caws, Daniel Lorca, Ira Elliot ont entamé une nouvelle visite des grandes salles et scènes européennes… Samedi dernier – le 11 février 2012 -, ils retrouvaient Lille et le Splendid avec un Matthew Caws ravi de revoir la capitale des Flandres, regrettant simplement de ne pas avoir pu marcher dans les rues piétonnes à cause du froid. La salle, pleine comme un œuf, n’a pas été surprise d’entendre le chanteur et guitariste de Nada Surf s’exprimer dans un français impeccable ! Les fans savent que le beau Matthew a passé une partie de son enfance en France puis a fréquenté le lycée français de New York où il a rencontré Daniel Lorca, futur bassiste de Nada Surf. Évidemment, la cote du groupe est très haute dans l’hexagone !
Au Splendid, après une bonne première partie confiée à Waters – groupe de San Francisco -, les Nada Surf renforcés par le « héros de guitare » Doug Gillard et par le trompettiste de Calexico, Martin Wenk, ont livré un set très énergique mais aussi très mélodique. En mélangeant savamment les morceaux rageurs et power pop de leur nouvel album avec les plus capiteux morceaux folk-rock de leur répertoire (Always love, If you leave…), Matthew et sa bande ont démontré leur savoir-faire, illustré clairement leur talent. Nada Surf n’est pas par hasard on the road depuis vingt ans. Ils ont trouvé un ton original, des couleurs rares dans l’univers du rock. Tellement rares et originaux nos gentils Nada Surf qu’ils réussissent l’exploit de faire des reprises en donnant l’impression d’être les créateurs du morceau interprété. « Enjoy the silence » par exemple ! Grosse émotion au Splendid avec le titre de Depeche Mode déroulé avec une efficacité toute « nadasurfienne ». Un concert de deux heures qui a réchauffé les oreilles et les cœurs… Le thermomètre était largement négatif, Matthew Caws a su positiver la soirée. N’oubliant pas, « lui le vieux de 44 ans », d’inviter le jeune public à « écouter la lune » (The moon is calling) et à adopter des comportements de plus en plus écologiques pour sauver la planète. Une planète qui sait encore surfer sur Popular et balancer des « Oh fuck it ! » sur Blankest year.
Texte : Chr. Defrance / Photo : Jérôme Pouille
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