Nausicaa, le centre national de la mer à Boulogne-sur-Mer, crée cette année « Planète Nausicaa », un dispositif multimédia interactif d’information et d’éducation sur la mer et le développement durable. Ce nouveau Nausicaa prévoit la mise en place d’une exposition temporaire dans la première partie du parcours de visite, renouvelée tous les deux ans : à la découverte d’une mer, d’une côte, d’un archipel ou d’une île et des peuples qui y vivent. Premier rendez-vous le 28 juin avec une exposition reportage sur Madagascar et le canal de Mozambique. Le canal de Mozambique s’est formé il y a 160 millions d’années quand un morceau de terre s’est détaché du continent africain pour former Madagascar, 4e plus grande île du monde dans l’Océan Indien. Les espèces présentes à cette époque lointaine ont évolué dans des conditions différentes de celles qui vivaient sur le continent proche. Ce qui explique leur endémisme et leur spécificité. Les îles coralliennes ou volcaniques qui se sont formées dans le canal ont été colonisées par des espèces venues d’ailleurs. Toutes ces îles sont fragiles. Sur ces terres isolées, de taille réduite, la pression de l’homme prend une ampleur parfois catastrophique ; seule l’exploitation durable des ressources naturelles permet de lutter contre la pauvreté. Les eaux riches en vie du canal de Mozambique abritent une faune très diversifiée et quelques créatures mystérieuses comme le cœlacanthe, ce poisson qui a traversé les âges. Un « rescapé de l’évolution ». Le canal de Mozambique est une région parsemée d’îles d’origine géologique variée.
De la terre à l’océan
Aujourd’hui la terre s’appauvrit avec la déforestation, l’érosion et des paysans se tournent désormais vers la pêche. La crevette, « l’or rose », source de richesse pour les habitants de Madagascar, est exploitée de façon durable. Mais la concurrence avec les pays asiatiques est dure. L’Océan pourra-t-il rester ce nouvel Eldorado pour les Malgaches ? En effet, des mesures drastiques ont été prises pour une meilleure gestion de la ressource. Madagascar est caractérisée par une mosaïque de paysages allant du désert à la forêt humide. Ces milieux abritent des ressources naturelles d’une biodiversité exceptionnelle…Tortues et boas, blattes et indris, Bedotias, petits poissons des rivières rapides et le grand caméléon de Madagascar : Furcifer perdolis. Un de ses cousins, le plus petit caméléon du monde, Brookesia minima, vit aussi sur l’île continent. Phasmes géants et petites grenouilles oranges. Dans le canal de Mozambique, la mer est riche. De juin à octobre, les baleines à bosse viennent s’y reproduire et mettre bas. On y va parfois pour pêcher des requins, des thons ou des espadons.
De nombreuses initiatives ont été prises à tous les niveaux pour améliorer les conditions de vie des malgaches à long terme et lutter contre la pauvreté ; parmi elles, celles qui sont tournées vers les activités maritimes sont nombreuses : l’élevage des holothuries, la récolte du sel, la création d’aires marines protégées ou la reprise de chantiers maritimes traditionnels par exemple. Ainsi, à Madagascar et sur les rivages du canal de Mozambique, les hommes ont pris leur destin en main : pour lutter contre la pauvreté et assurer leur avenir, ils mettent en place des systèmes de gestion des ressources naturelles marines et côtières. Le développement durable des activités humaines est la garantie d’une meilleure qualité de vie pour tous les habitants de la région qui dépendent, comme partout dans le monde, de leur environnement pour survivre.
Légende : Le cœlacanthe, un « rescapé de l'évolution ».
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