
La brasserie Castelain de Bénifontaine fête les trente ans de son produit phare. La Ch’ti se verra offrir courant juin une nouvelle toilette, le pack et l’étiquette ont été modernisés par souci de visibilité et de cohérence entre les différentes déclinaisons du produit, l’objectif étant de conserver les nouveaux clients issus de « l’effet film », inutile de préciser lequel.
Stratégiquement parlant, la famille Castelain n’a rien à envier à certaines entreprises aux chiffres d’affaires plus conséquents. Elle a su « s’adapter en permanence », pour reprendre les mots de son fondateur Yves Castelain, « c’est l’histoire d’une petite brasserie qui s’est battue pour subsister, qui aujourd’hui tente d’évoluer et se développer ». Il était une fois la Ch’ti « bière de garde », la petite dame qui a supplanté le reste de l’activité des Castelain, le négoce de vin et la fabrication de limonade notamment.
L’entreprise est déjà cinquantenaire lorsque Yves Castelain décide de ne se consacrer qu’au « pain liquide », avec pour objectif la fabrication de la meilleure bière possible. Au détour d’une bière de noël qui séduit, la clientèle en redemande, mais durant toute l’année, « pour recevoir, quand il vient du monde ». Aussitôt dit, aussitôt fait, la Ch’ti est née. Trois décennies plus tard, la brasserie familiale tient toujours debout, il faut dire qu’elle a su s’adapter à l’ère du temps, quand elle n’a pas été avant-gardiste. La bière bio, très en vogue aujourd’hui, n’est pas une nouveauté dans la maison Castelain. Voilà 23 ans que la Jade existe, la première bière 100 % naturelle de France est on ne peut plus tendance. Nicolas Castelain, fils du fondateur affiche l’attachement de l’entreprise au développement durable « Nous allons investir dans une nouvelle rinceuse qui consomme nettement moins d’eau, une laveuse plus moderne également ». Les cartons et les bouteilles sont élaborés à partir de matériaux recyclés.
Investir et retenir
Si investir dans une nouvelle salle de brassage et une nouvelle zone de stockage ne se fera pas à la minute, la réfection du conditionnement est plus que jamais d’actualité. Juin sera le mois de la nouvelle étiquette, du nouveau pack et de la nouvelle boîte. On peut dès lors s’interroger sur le bien-fondé d’une telle démarche en cette période de crise, mais Alain Lemenu explique aisément le pourquoi du comment. « C’est une réflexion débutée il y a déjà un moment, bien avant Le film, parce qu’on se doit d’être dynamique. Le packaging doit vivre, d’où les évolutions sur le bloc marque ». Le changement n’est pas radical, juste un coup de jeune, des caractères plus grands, suppression de la place d’Arras sur le pack de 25 cl, pour une meilleure visibilité, une meilleure cohérence entre les différents éléments de conditionnement. Mais personne ne niera l’effet film, les Castelain en tête, la tendance est d’ailleurs à la fidélisation des quelque 160 000 consommateurs qu’a apporté le long métrage de Dany Boon, parmi lesquels quelques profanes qui pensaient la marque créée pour l’occasion!
Notre photo:
Sous la banière "Seven Ch'tis", la brasserie Castelain a fêté les 30 ans de la Ch'ti au dernier salon de l'agriculture, là où l'Abrée "cuvée de printemps", la blonde et la Maltesse ont successivement glâné les médailles d'or, d'argent et de bronze au concours général agricole.
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