Tout le monde râle contre la hausse des carburants. Les pêcheurs bloquent les ports, les agriculteurs sont sur les routes, les chauffeurs routiers multiplient les opérations escargot et les blocus… Et le simple usager de la route, l’ouvrier qui chaque matin doit aller au travail. Que fait-il ? Pour l’instant il subit : la flambée du prix des carburants et la mauvaise humeur des « professionnels ».
Marc Jeansou, le président de l’Automobile club du Nord de la France réagit cette semaine à la hausse vertigineuse des prix des carburants à la pompe qui dit-il « transforme petit à petit l’automobile en produit de luxe ».
Dans un communiqué de presse il explique que « l’augmentation des prix touche l’ensemble des Français et encore plus les ménages les plus modestes qui, pour éviter les loyers élevés des centre villes, ont émigré vers les banlieues et les campagnes, ce qui les oblige à parcourir plus de kilomètres pour travailler ou vaquer à leurs occupations quotidiennes ». Au passage l’on peut s’interroger sur certaines prises de position de nos dirigeants qui voudraient contraindre les chômeurs à accepter un emploi à plus d’une heure de leur domicile. Recevront-ils des aides pour assurer leur transport en voiture quand il n’existe pas à proximité de gares ou de transports en commun, près de chez eux ? Ou peut-on imaginer une diminution des taxes sur les carburants ? C’est en tout cas ce que demande l’Automobile club du Nord de la France. « Il faut notamment supprimer une aberration qu’est la TVA sur la TIPP représentant une taxe sur une taxe, une grande trouvaille française. La TVA s’applique en effet deux fois : sur le prix de base des carburants, puis sur la TIPP. Les taxes représentent plus de la moitié du prix payé à la pompe pour le sans plomb , ce qui signifie que l’automobiliste sur un litre de carburant paye plus de taxes que de produit ! En effet sur un prix de 1,4659 € les taxes sont de 0,8463 € (58%). Pour le gas-oil, on en est pas loin puisque sur un prix de 1,438 €, les taxes sont de 0,6636 € (46%). Alors qu’un produit de consommation de base est taxé à 5,5% ou 19,6%, le carburant des voitures qui est devenu un produit de première nécessité, l’est à plus de 100% ! »
Pour Marc Jeansou, « il est donc urgent que le gouvernement prenne ses responsabilités et réduise le poids de ses prélèvements ». Ce que les Français apprécieraient, d’autant que, dit-il, « cette diminution des taxes ne diminuerait pas les ressources de l’Etat car elles pourraient être compensées par du pouvoir d’achat et de la consommation ».
Légende: Routiers, agriculteurs, pêcheurs ne sont pas les seuls à souffrir de la hausse des carburants. Tous les travailleurs sont concernés. La voiture est même pour beaucoup une nécessité pour accéder à un emploi…
SR/PV - Photo CV
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