
Dès les premières lignes et « une ola naturelle de Verts », on sent un truc ! Un truc qu’on a déjà connu mais chez des plus grands… Des plus célèbres. On a envie d’aller plus loin et toujours la même sensation avec « des nuages qui avaient fini leur puzzle et bouché les derniers trous bleus ». Ça claque comme disent les jeunes. Avec son premier roman, « Opale », Stephane Lefebvre a frappé fort. Aussi fort que l’orage que doit affronter Robin Mésange, héros du bouquin, journaliste localier à L’Éclair Boulonnais. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite ?
Entre les deux caps, parti pour couvrir des noces de platine, Robin voit un malheureux (« une brebis ? Punk et kamikaze ») sauter du haut de la falaise. Clic-clac c’est dans la boîte… Une tache jaune suspecte sur la photo marque le début de la reconversion de Robin Mésange en stupéfiant enquêteur. Une affaire sordide. Qui tient en haleine du début à la fin. Un bon polar, un fameux polar. Avec des gueules, du rythme et du style. Et quel style ! Stéphane Lefebvre, bientôt quadra, citoyen de Beussent et documentaliste au collège de Marquise, s’invite à la table des Pennac, Pouy et autres « polareux » de renom.
Incroyable aventure pour notre documentaliste dont le manuscrit a d’abord été refusé par bon nombre d’éditeurs – pas malins ou piteux lecteurs. Il atterrit finalement chez Les Nouveaux Auteurs et dans la foulée décroche le grand prix VSD du polar 2009, décerné par un jury de 150 – meilleurs – lecteurs ! « La révélation de l’année, affirme Frédéric Beigbeder, en lui remettant sa récompense. Ce livre n’est pas seulement un polar mais un très grand livre tout court. Qui parle d’une région (la Côte d’Opale), qui décrit des personnages baroques et beaucoup d’humour. » Tiré à 25 000 exemplaires, parrainé par Beigbeder, « Opale » s’est retrouvé au printemps dans toutes les librairies de France. Six cents pages avalées depuis par des milliers de nouveaux fans de Robin Mésange, un drôle de gentil moineau.
Fier de ses racines boulonnaises, Stéphane Lefebvre réserve effectivement une place de choix aux paysages de la Côte d’Opale : « Les masses imposantes se répondaient en négatif et transformaient leur côte à côte en face-à-face. À droite, le cap Gris-Nez abrupt et sombre, un brin grossier, au pied duquel les vagues venaient se faire mousser, et de l’autre côté, le Blanc-Nez, plus majestueux et bourgeois, exploitant à fond le privilège de sa couleur ». Magnifique.
Chr. D. / Image : www.vsd.fr
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