
La treizième édition du désormais célèbre salon policier de Lens a connu un joli succès, fin mars. Mille bouillonnements et émotions l’ont ponctué avec délice et deux événements majeurs resteront dans le souvenir des amateurs de roman noir. La présence d’Eric Halfen, magistrat, parrain du salon et auteur de polar, d’une part, et la remise, pour la troisième édition du prix du Premier roman policier de la ville de Lens, d’autre part.
Après avoir instruit l’affaire des malversations au sein des HLM de la ville de Paris et des Hauts-de-Seine, Eric Halphen, on se souvient, a été dessaisi du dossier en septembre 2001. Pendant cinq ans, il s’est mis en disponibilité et s’est essayé à l’écriture. Avec lauriers. Enfant de journalistes, le domaine lui était familier. La raison sans doute du succès de ses ouvrages, parmi lesquels « Au lieu des larmes » un livre vibrant, frappant qui s’attarde sur la mort de sa mère. Son dernier roman, « Maquillages », a la noirceur qui convient au salon lensois. Il met en scène Maria, jeune fille modeste d'origine portugaise, dont le cadavre est retrouvé dans un bois et Barth un certain juge d’instruction qui s’arrête sur un personnage médiatique et haut placé : l'homme d'affaires et écrivain Gilles-Frédéric Turquelay…
Éric Halphen est de nouveau magistrat depuis janvier 2007, il est vice-président du Tribunal de Grande Instance de Paris.
Finaliste
Vingt et un titres concourraient pour le prix littéraire. Ils ont été pris en main par un comité de lecture de vingt et un lecteurs, puis par un grand jury. Jean-Marc Souvira a été sélectionné pour son livre "Le Magicien", aux éditions Fleuve noir. L’auteur est commissaire divisionnaire à la tête de l'OCRTEH (Office Central de Répression du Trafic des Etres Humains).
Roman dur, pas facile d’accès, mais original, il peint le combat du "Magicien", alias Arnaud Lécuyer tueur en série, et de Ludovic Mistral, flic décidé à marier coûte que coûte vie professionnelle et vie personnelle. Jean-Marc Souvira a apporté au récit une note de vérité piochée dans les péripéties de sa profession. Alors qu’il dirigeait les équipes de lutte contre la pédopornographie à la Brigade de protection des mineurs de Paris, il a cotoyé plusieurs personnages édifiants. Il les a superposés, "Le Magicien" est né. Redoutable. Du coup, l'histoire, devenue documentaire n’est pas si facile à supporter et pose quelques frissons sur le dos…
Le Magicien de Jean-Marc Souvira, édition Fleuve noir
Marie-Pierre Griffon
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