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| Janine Busson se prépare à vivre les |
« Dix jours sans écran », c'est-à-dire loin des télévisions, des ordinateurs et des jeux vidéo, du 22 au 31 mars. Est-ce vraiment possible pour des centaines d’enfants ? Janine Busson, la présidente de l’association « Enfance-Télé : Danger », basée à Wimereux, en est persuadée. Cette enseignante retraitée qui a lancé en 1997 la première « Semaine sans télé » avec un retentissement quasi national, est plus que jamais mobilisée.
Janine Busson mène ce combat depuis 1994 quand deux petits Norvégiens de 5 ans avaient reproduit une scène vue à la télévision et tué un autre enfant. L’année suivante, dans quasiment les mêmes circonstances, en Grande-Bretagne, deux enfants d’une dizaine d’années tuaient un petit de deux ans. « J’ai été bouleversée car je savais, après avoir enseigné auprès d’enfants de 5 ans, l’influence que peut avoir la télé sur leur comportement » explique la présidente qui s’est alors lancée dans une campagne de sensibilisation contre la violence à la télé, tant auprès des enfants que des adultes. « Je ne suis pas contre la télévision, explique-t-elle, à condition de choisir le meilleur et de gérer sa consommation ». Au moment où le temps de présence devant les écrans, qu’ils soient de télé, d’ordinateur ou de jeu vidéo, est en constante augmentation (6 à 8 h par jour en 2009 selon le CIEM, collectif inter associatif enfance et média), « c’est au détriment des temps familiaux et des temps d’apprentissage, de lecture, de communication, de transmission des repères, de jeux de société ou entre enfants, de repos et de rêve… » insiste-t-elle alors que 5h par semaine pour un enfant de 5 ans est généralement recommandé. On en est loin en effet.
À toutes les portes
Janine Busson, élue au COFRADE (Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant) a d’ailleurs pu évoquer cette situation alarmante en décembre dernier lors d’un colloque organisé par l’UNESCO sur le thème « l’éducation est-elle un droit ». Mais depuis longtemps elle avait décidé de frapper à toutes les portes envoyant des lettres ouvertes au Président de la République, aux membres du gouvernement, aux élus de tous bords… réclamant notamment « une meilleure signalétique de mise en garde sur les écrans et la diffusion régulière de spots d’information sur l’éducation familiale et citoyenne ». Au point que Nadine Morano, ministre, a soulevé le problème auprès de l’ONU à partir des observations de Mme Busson qui donne aussi des conférences sur le thème dans tout le Nord – Pas-de-Calais et même en région parisienne.
Financièrement, l’association, qui compte environ 300 adhérents (dont la moitié dans le Boulonnais), ne roule pas sur l’or, malgré l’aide de la commune de Wimereux et du conseil général du Pas-de-Calais. « On a besoin d’être aidés » crie haut et fort Janine Busson qui s’étonne de l’absence de réponse d’organismes dont les missions relèvent de l’aide à la petite enfance, de la protection de l’enfance, de l’aide à la parentalité, de l’éducation à la citoyenneté et à la non violence. « Mais je vais battre » dit-elle avec cette détermination qui la caractérise.
Écrans désertés du 22 au 31 mars
Sur le terrain local, l’action de l’association « Enfance – Télé : Danger » se traduit notamment par les « Dix jours sans écran » qui avaient mobilisé l’an dernier 460 enfants, des enseignants, des parents et des associations de Wimereux, dont la plupart étaient prêts à relever le défi en 2010. Cette fois, du 22 au 31 mars, les enfants des écoles Alain-Fournier et Louis-Pasteur seront à nouveau concernés par les « Dix jours sans écran ». Pour les sensibiliser, les rassurer même, Janine Busson a visité les 26 classes concernées « pour expliquer qu’aucun enfant n’est obligé de relever le défi mais que celui qui ne le fait pas ne doit pas dénigrer les autres, que si on ne va pas jusqu’au bout ce n’est pas grave ». Des propos rassurant pour ceux qui hésiteraient encore.
Par ailleurs, une douzaine d’associations se joint à l’opération qui débutera par un concours de soupes le lundi 22 mars à 18h, à la salle des fêtes de Wimereux (entrée 3€ par personne, 5€ par famille). La meilleure recette recevra la Louche d’Opale et les trois premières seront publiées sur le site internet. Des jeux anciens et de société animeront la soirée. Comme au bon temps des veillées quoi !
On s’active !
Pour les dix jours concernés, les idées d’activités pour éviter aux enfants de rester devant un écran ne manquent pas. Elles émanent d’un questionnaire réalisé l’an dernier auprès des écoliers et des parents. En voici quelques-unes. Côté enfants : cerf-volant, grimper aux arbres, faire du roller, s’occuper des animaux, fabriquer des cabanes, faire des photos, découvrir la nature, aller à la plage, aller à un concert, acheter des livres… Côté parents : bricoler, faire de la cuisine amusante, ranger ses collections, jouer avec son chien ou son chat, se coucher tôt, inviter un copain ou une copine, faire de la peinture, écouter de la musique, relire des lettres, écrire une histoire, dire des blagues, inventer des pièces de théâtre…
Quand on y réfléchit, il y a des centaines de façons pour les enfants de ne pas être constamment collés aux écrans, d’être pleinement acteurs de leur loisirs, loin de la violence de certains programmes. Culturelles, sportives, écologiques, ludiques… des activités seront également proposées par les associations.
Ne serait-ce qu’une journée sans écran, ce serait déjà un grand pas de franchi. Alors dix jours, vous pensez !
Pour en savoir plus et peut-être organiser une opération "sans écran", il suffit de contacter l'association à BP 74 62930 Wimereux ou par courriel à enfanceteledanger@hotmail.com. Site internet http://enfanceteledanger.free.fr
Texte et photo : Bernard Queste
URL courte : www.echo62.com/actu2667
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