« Lorsque j’ai proposé à Stéph de faire un tour du monde, on s’est dit que c’était un projet un peu fou, mais après quelques recherches, on s’est aperçu que ça ne l’était pas autant que cela, aussi bien financièrement que techniquement ». Le 16 janvier, Maxime Kubiak et Stéphanie Régnier, 24 printemps chacun, seront à Londres, point de départ d’un périple d’une année presque entière. Du sol britannique, ils s’envoleront pour la côte Ouest du Canada, là où débutera véritablement une aventure qui devrait prendre fin le 23 décembre 2012. Un voyage que ce jeune couple avide de découvertes souhaite faire partager avec un maximum d’internautes via un blog participatif : Meetonearth. Maxime résume parfaitement sa pensée : « Nous ne souhaitons pas faire un tour du monde pour dire de faire un tour du monde. Nous allons faire profiter de notre expérience à un maximum de gens ».

Canada, Thaïlande, Inde, Australie, Pérou, Cuba, Bolivie, Népal, Cambodge, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Chili ou encore Mexique… le programme est alléchant pour les deux jeunes globe-trotters artésiens. « On a fait comme dans la pub du loto, on a choisi au hasard en faisant tourner le globe »… Maxime plaisante évidemment, les destinations n’ont pas été choisies au pied levé, loin de là : « Nous avons ciblé les endroits où l’on parle l’espagnol et l’anglais, l’idée est aussi que ce tour du monde soit un plus sur nos CV ». Le choix s’est ensuite restreint de lui-même, Max et Stéph ayant pris le parti de ne pas passer « en coup de vent » de manière à avoir un véritable aperçu de chaque halte. Et puis, Stéphanie avoue en souriant : « On a bien sûr consulté la liste des pays déconseillés par le ministère des Affaires étrangères ». Certaines nations ont donc été « éliminées » d’office, sans regret aucun, d’autres, avec plus d’amertume : « Nous aurions bien aimé visiter la Mongolie, explique Maxime, mais cela s’est révélé trop cher, demandait trop de visas… trop complexe en somme ! »
Un guide interactif
À travers ce tour du monde, Maxime et Stéphanie s’attèlent à deux choses essentielles : prouver et partager. En effet, dès les prémices du projet, Maxime Kubiak le Hersinois, voyageur dans l’âme et titulaire d’un master de tourisme, et sa petite amie Stéphanie, Divionnaise d’origine, master droit-sciences politiques dans la besace, n’imaginaient pas voyager pour dire de voyager. D’emblée, l’idée de partage est apparue. Une valeur commune à bien des tourdumondistes d’ailleurs, même quand ils parcourent la planète seuls avec leur mappemonde et leur sac à dos. Rapidement, un blog a vu le jour, un outil qui se veut pratique et ludique (en plus d’être esthétique). La philosophie est assez facile à comprendre : « Nous allons relater notre expérience au quotidien, avec de petits récits et des photographies. Nous voulons rencontrer le plus de personnes possibles sur le parcours, des autochtones capables de nous renseigner, nous faire découvrir leur région. Puis ces gens seront invités à remplir un profil sur Meetonearth, de façon à ce que les internautes puissent échanger avec eux, poser des questions, et à leur tour profiter de notre chance ». Et de prouver par la même que voyager autour du monde n’est pas inaccessible, même sans presque aucun apport financier extérieur*. « 16 000 euros par tête » en ce qui concerne nos deux Artésiens… exorbitant au premier coup d’œil, mais à y regarder de plus près et comme le martèle Maxime Kubiak « ça ne coûte pas plus cher que de vivre une année en France ». Un peu d’économie, des sacrifices et une chasse aux bons plans de tous les instants tant au niveau matériel que logistique et le tour est joué. Leurs interrogations, préparatifs et leurs petites merveilles de trouvailles sont compilés sur Meetonearth… mais prudence, le virus tour du monde est très contagieux.
* Ils ont reçu une aide financière de 1 800 euros du Clap de l’Artois.
L'Écho du Pas-de-Calais n°122
Janvier-Février 2012
URL courte : www.echo62.com/article4294
