Au printemps 2013, on pourra aller de la citadelle de Calais au pont de Coulogne par une navette fluviale, sur le canal. Le projet, en bonne voie de concrétisation puisque le bateau est commandé, fait partie de la délégation de service public 2010/2016 signée entre le Sitac (Syndicat intercommunal des transports urbains du Calaisis) et la société Calais Opale Bus, au même titre que le Vél’in et les Bus à haut niveau de service (BHNS) prochainement mis en service. La navette apportera aussi un atout supplémentaire à l’offre touristique calaisienne en permettant de découvrir la ville sous un nouveau jour, au fil de l’eau.

Le président du Sitac, Serge Péron, voit plusieurs avantages à ce nouvel équipement mettant à profit le canal qui traverse l’agglomération : « La navette sera d’abord un moyen supplémentaire de transport public entre Calais et Coulogne, notamment pour les scolaires du lycée Coubertin ou les Coulonnois désirant se rendre en centre-ville. Il y a aussi un aspect touristique car elle permettra de découvrir la ville et certains de ses quartiers sous un autre angle avec par exemple une halte juste en face de la Cité de la Dentelle, le long du quai du Commerce. Et puis le soir, le bateau pourra être loué pour des réceptions privées ou familiales sur un parcours se poursuivant jusqu’à Ardres en levant deux ponts supplémentaires, ce qui ne sera pas possible en journée afin de ne pas gêner la circulation routière ». Une circulation qui se trouvera probablement allégée aux abords du centre administratif calaisien grâce au bateau justement.
Pour l’instant, avant que la navette n’entre en fonction, des aménagements seront menés pour un montant de trois millions d’euros sur trois ans le long des berges du canal dont certains tronçons feront l’objet de travaux paysagers. Ils comprendront aussi la réalisation des quais d’accostage : au pont Jourdan, à la Citadelle, au pont Saint-Pierre, à la Cité de la Dentelle, boulevard Pierre-et- Marie-Curie et au pont de Coulogne. Avec à chaque fois la présence à proximité d’une aire de stationnement, d’une station Vel’in ou d’un arrêt de bus. Interactivité oblige. Serge Péron imagine aussi la navette prolonger sa croisière jusqu’à Guînes dans le futur, au prix de quelques aménagements supplémentaires bien sûr, ce qui augmenterait encore son utilité pour la population du Calaisis.
Prototype
La navette ne sera pas à proprement parler un bateau traditionnel comme on peut en voir dans certaines villes fluviales ou portuaires, mais plutôt un bus sur l’eau. La société française SDI, avec son chantier Alu Marine à Nantes, a enlevé le marché pour un montant d’un peu moins de 800 000 €.
L’occasion pour elle de concevoir un prototype dont Calais aura la primeur en 2013, avant peut-être d’autres villes.
La navette fluviale à passagers aura une longueur de 20 mètres pour 5,80 mètres de large, avec une capacité de soixante-dix passagers en mode transport public et quarante-quatre en version réception-restaurant (un plancher amovible est prévu pour cela). Elle permettra d’effectuer la liaison entre la Citadelle et Coulogne, soit une distance de quatre kilomètres, en vingt minutes, y compris la desserte des arrêts prévus.
À l’image des projets de trains les plus modernes, la navette fluviale aura une ligne futuriste, une accessibilité et une mise à quai simplifiées permettant de réduire le temps de manœuvre et la consommation d’énergie lors de l’accostage. Construite en aluminium, elle sera propulsée par un moteur thermique de 63 kW avec une vitesse moyenne de 6,5 nœuds. « Nous avons opté pour le gasoil, mais en gardant la possibilité à l’avenir de passer à l’énergie électrique. Pour l’instant le coût de location des batteries est encore trop élevé » assure le président du Sitac.

L'Écho du Pas-de-Calais n°122
Janvier-Février 2012
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