Le mariage sponsorisé. Un concept venu d'Amérique qui commence faire parler de lui en France. Sainte-Catherine, Sylvia et David se sont lancés dans l'aventure, des précurseurs dans le Nord - Pas-de-Calais.

Sponsoriser son propre mariage, c'est un peu du tout ou rien. Certains y voient une idée originale, limite géni-ale, quand d'autres dénoncent une atteinte à la sacralité des épousailles. On aime ou on fustige. Toujours est-il que le défi de David Morel et Sylvia Vandaele se concrétise. Juin 2011, le couple originaire d'Arras s'offrira le mariage de ses rêves, du moins en partie, car sur les 20 000 euros que coûtera l'union, les futurs époux ne devraient en débourser que le quart ! Une ristourne qui a un prix : du stress, du travail, une débauche d'énergie considérable.
Tout commence en janvier 2010, David demande la main de Sylvia, et tout de suite, l'heureuse élue imagine le jour comme elle l'a toujours rêvé. Une robe de princesse, un carrosse, une décoration féerique… « j'ai vite été refroidie » explique la jeune femme. « Par mon compagnon, conscient du prix à payer. Je me précipite alors sur internet et je m’aperçois qu'il n'a pas tort. Je tombe alors sur un article évoquant un mariage sponsorisé aux États-Unis, j'ai trouvé l'idée plutôt bonne ». Depuis, son logement à Sainte-Catherine est le théâtre d'une activité digne d'une régie publicitaire.
Le travail paye
Il s'agit du premier mariage du genre dans la région, le quatrième en France. Sylvia explique le procédé : « Le principe est simple. C’est du donnant-donnant. Le sponsor s'engage à financer tout ou partie d'un produit, et de notre côté, nous leur offrons une exposition médiatique de dix-huit mois via les journaux, les radios, la télévision mais également sur notre site internet. Chacun y trouve son compte ». Dès le premier jour de démarchage, le succès pointe le bout du nez. Une centaine de courriels envoyés, trois réponses positives, un bon début. Aujourd'hui, ce sont plus de vingt sponsors qui ont adhéré à la cause. Fleuriste, confiseur, société de ballons, maquilleur, coiffeur et une créatrice haute couture lyonnaise qui confectionnera une robe unique. Valeur marchande : 5 000 €, et seulement 400 à débourser pour le tissu ! Le travail a payé. Le soir, le mercredi, la nuit, faire financer un mariage par d'autres est un marathon. « Une véritable aventure humaine, une drogue. Si c'était à refaire, je ne pense pas que je me lancerais dans une telle démarche ». Sylvia avoue. Le scepticisme de certains proches, les partenaires qui se ravisent, les autres couples qui tentent de « voler » les sponsors, les médias qui font faux bon… « j'ai eu envie de tout arrêter ». Une envie très vite passée, à un an du grand jour, Sylvia caresse son rêve du bout des doigts. Dans quelques mois elle le savourera.
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L'Écho du Pas-de-Calais n°109
Juin 2010
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