Ces derniers temps, les vergers sont redevenus à la mode, y compris chez les particuliers, après avoir été décimés il y a quelques décennies sur l’autel de l’agriculture intensive. Mais qui dit verger, dit greffe, plantation, taille… des techniques que bien peu d’entre nous connaissent en vérité, faute d’avoir su écouter nos aïeux sans doute. Pas étonnant si les stages organisés un peu partout depuis quelques années ont le vent en poupe.

L’association des Croqueurs de Pommes, avec son antenne artésienne et son animateur local Yvan Lagleyze, a initié les premiers stages dans la région. C’était avec le Pays de la Lys romane et le verger conservatoire du Centre régional de ressources génétiques de Villeneuve-d’Ascq. Il y a peu, un tel stage a ainsi réuni une vingtaine de participants à Mazinghem où les conseils ont été prodigués par Frédéric Lecomte, du verger conservatoire. Entre les débutants, ceux qui avaient quelques notions et certains plus expérimentés, il a fallu une bonne explication sur les différentes formes de reproduction des végétaux de la part du formateur, avant de débuter les opérations. La matinée a surtout été dédiée à l’aspect théorique, en insistant sur « les avantages de la greffe en sève montante pour que l’écorce se décolle bien, permette d’introduire facilement le greffon dans le porte-greffe et assure une reprise immédiate » a souligné l’animateur de la journée en détaillant ensuite chaque étape de la greffe et en distribuant à chacun l’outil indispensable, la serpette ou greffoir droit.
Attention à ne pas se planter !
Mais voilà ! Pas vraiment facile d’entailler le porte-greffe à la verticale, d’en faire autant avec le greffon, derrière l’œil et en biseau sur trois ou quatre centimètres, au tiers de la hauteur. À ce jeu-là, il arrive souvent qu’il y ait des blessés. Ce fut encore le cas ce jour-là, dont votre serviteur. Rien de bien grave, juste une coupure peu profonde. Il n’empêche, Frédéric ne part jamais sans sa trousse de secours. Au cas où !
Avant de parvenir à un bon résultat pour cette greffe dit anglaise compliquée… Que de petites branches sacrifiées avant de passer à l’étape suivante consistant à fixer ensemble les deux morceaux de bois avec un élastique « en veillant à ce qu’il y ait toujours un contact car c’est la sève du porte-greffe qui va alimenter le greffon ».
Enfin, dernière mission de la journée avant la plantation le soir même ou le lendemain, il fallait étiqueter chaque arbre selon les variétés proposées (en l’occurrence des hautes tiges : Ingrid Mory, gueule de mouton, reine des reinettes, reinette d’Angleterre, rambour rouge), puis le tremper dans de la cire chaude pour consolider le tout.
Dans quelques mois, dans un an ou deux, il va falloir prendre soin de ces pommiers, surveiller leur progression, les tailler dans les règles de l’art… mais ça, c’est une autre histoire.
Bernard Queste
L'Écho du Pas-de-Calais n°109
Juin 2010
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