
Sur la plage d’Audresselles, une femme et son chien luttent contre le vent. Véronique Deroide s’y rend par tous les temps. C’est là qu’elle se ressource, qu’elle trouve beaucoup de son inspiration, de son envie de conter, de se raconter. Car elle est passeuse de mots et d’émotions. Le déclic s’est produit alors qu’elle quittait la direction du centre d’information du public sur le site d’Eurotunnel à Sangatte. Depuis son premier spectacle, en 1996, elle s’inspire des contes populaires pour bâtir ses propres tranches de rêve et d’émotion.
Grâce à un article sur le festival « Conteurs en campagne », l’ex-jardinière d’enfants (éducatrice pour jeunes enfants), depuis toujours férue de poésie et de beaux textes, découvre au milieu des années 90 qu’on peut en faire son métier. Elle se lance corps et âme dans le conte et rencontre de grandes voix comme Henri Gougaud, Jean-Pierre Chabrol… Pour Véronique, la voix, le corps, les gestes servent à embarquer les gens, des enfants surtout, dans une histoire. « Un conteur doit être présent dans le monde, réveiller les mémoires, susciter des sensations, en faisant appel à l’écrit et à l’oralité. J’aime les mots qui font sens, qui nourrissent le cœur, l’émotion, le rire. Mais nous, les conteurs, avons en plus les mains, le regard, le corps pour nous exprimer ». Des éléments essentiels pour entrer en relation avec le jeune public « car on peut sensibiliser les enfants à la culture et à travers eux on touche les adultes ». Elle a d’ailleurs été émue par les écrits de papas émerveillés à l’issue d’une prestation du côté d’Arras avec « Toute petite histoire d’O ». « C’est toujours touchant quand les gens laissent tomber les masques, ça détend les relations ».
Spectacles et projets
Son spectacle le plus demandé « Toute petite histoire d’O », écrit avec la musicienne Florence Michon, sorti en CD, a été sélectionné au concours La Plume de Paon. Actuellement, lors de festivals ou spectacles dans la région et un peu partout en France, elle présente particulièrement une adaptation du « Petit Prince » de Saint-Exupéry qu’elle créera en petit format lors d’une mini résidence à Auxi-le-Château, ou encore avec « J’ai descendu dans mon jardin », dont un extrait sera publié dans l’album « Un amour sucré, salé » en septembre prochain. Avec Olivier Decrouille, musicien parisien originaire du Pas-de-Calais, elle travaille en direction des tout jeunes enfants à partir de nursery rimes, comptines et jeux de doigts. « Home sweet mômes » sera créé lors du festival Enfants Phares de Saint-Martin-lès-Boulogne, les 2, 3 et 4 mai 2011. En ce mois de juin 2010, Véronique Deroide est aussi à l’affiche des dix ans de la médiathèque de Lillers.
Bernard Queste
L'Écho du Pas-de-Calais n°109
Juin 2010
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