
« Je suis devenue blonde, je n’ai plus quitté mes lunettes, je n’ai touché aucune allocation et il était convenu que je m’arrêterais le jour où je décrocherais un CDI ». Dans la postface de son livre, Florence Aubenas donne les règles du jeu de ce livre témoignage à la belle écriture. Chercher un travail, n’importe lequel pour gagner sa croûte, vivre, payer la location, faire bouillir la marmite… comme tout le monde en fait. Édifiant, passionnant. Anonyme, baccalauréat pour tout bagage et pôle emploi pour horizon. Femme seule ? Plus de quarante-cinq ans ? Pas de formation particulière ? Pas de fiche de paye récente ? Voilà le client dans la zone à haut risque statistique du chômage de longue durée ! Vous avez une voiture ? Ouf… même si vous ne l’utilisez pas, c’est le premier critère des employeurs… ça vous situe quelqu’un ! L’auteur écrit au jour le jour sans fioritures, avec un vrai pouvoir d’évocation et cela sonne terriblement juste : La fille au téléphone, « on va devoir donner 20 euros à EDF. Pourtant je te jure maman j’avais commencé à baisser le chauffage à 15°. C’était trop la mort ! J’ai remonté à 18 ° ». C’est à ce moment-là que les deux petites lignes sont apparues sur l’écran : Société de nettoyage à Ouistreham cherche employé(e)s pour travailler sur les ferrys. Débutants acceptés !
Florence Aubenas a obtenu le Prix Jean Amila-Meckert, organisé par Colères du Présent et doté par le Département du Pas-de-Calais !

L'Écho du Pas-de-Calais n°109
Juin 2010
Pas de commentaire, soyez le premier à participer
